La decision d'un complet remodèlement du système

JEAN FAVIER, Membre de l'Institut, président de la Bibliothèque nationale de France, Paris, 4 janvier 1995

Au fil des années, la Bibliothèque nationale n'avait cessé de s'agrandir, repoussant ses murs, réaménageant ses niveaux, franchissant les rues de son pourtour. Du bâtiment qui fut exemplaire il y a cent quarante ans quand Henri Labrouste Y faisait sa grande démonstration d'une architecture métallique et d'une organisation rationnelle des espaces, peu de chose avait changé quant à l'essentiel. Autant dire que l'adéquation des lieux à leur fonction eût été parfaite si le monde, autour, n'avait lui-même changé. On avait vu croître la production de livres imprimés aussi bien que celle des périodiques de tout genre que permettaient les nouvelles techniques d'impression rapide.

On avait vu s'ouvrir les curiosités des bibliothécaires et celles du public pour des domaines nouveaux de la connaissance, pour des civilisations longtemps négligées, pour des types nouveaux de documents. Aux gravures européennes s'étaient jointes les estampes de l'Extrême-Orient, la photographie de représentation, la photographie de création artistique, les bases et les accompagnements graphiques des arts du spectacle. Aux manuscrits à peinture du Moyen Âge et aux inépuisables séries de manuscrits de copies procurés par l'érudition française des XVIIe et XVIIIe  siècles s'étaient ajoutés les manuscrits littéraires des temps modernes et contemporains, les manuscrits et les partitions des compositeurs anciens et modernes, voire les correspondances littéraires et artistiques qui éclairent manuscrits et imprimés d'une lueur aussi originale qu'authentique.

Faut-il le dire de nouveau, la saturation était arrivée. Des livres entassés, des manuscrits dans les couloirs, des occasions manquées parce que les accepter laissait perplexe, tel était d'un côté l'état des lieux. Des lieux où une véritable préservation du patrimoine relevait de la gageure.

La Bibliothèque nationale avait essaimé. On la voyait à Provins, à Sablé, à Avignon, comme dans le site historique du palais de Mazarin, dans le noble palais de l'Arsenal ou sur le flanc du palais Garnier. On aurait, bien évidemment, pu continuer à ouvrir des annexes. Le chercheur, le lecteur qui est la première raison d'être de l'établissement, y eût vite perdu sa trace.

D'un autre côté, celui de ce lecteur, la saturation n'était pas moindre. Le développement des études universitaires et la multiplication des institutions de recherche en France et tout particulièrement dans la région parisienne conduisaient vers la Bibliothèque nationale un public plus nombreux mais aussi motivé que celui, infiniment plus réduit, auquel il n'était pas nécessaire d'opposer de fâcheuses restrictions à seule fin d'adapter la demande de places à l'offre. N'oublions pas l'extension des temps de loisir, qui laissent à bien des lecteurs plus de temps à consacrer aux séances de lecture en bibliothèque.

Bref, la croissance du public n'est pas le fait des bibliothécaires, qui n'ont inventé ni le diplôme d'études approfondi ni l'avancement de l'âge de la retraite. Mais elle s'impose à eux, qui voient chaque matin s'allonger une file d'attente où se gaspille le temps de travail de ceux qui, venus parfois de loin, se portent candidats à une table et à un siège.

La décision s'imposait d'un complet remodèlement du système. On pourra discuter jusqu'à la fin des temps pour savoir où devait s'élever la nouvelle Bibliothèque, ce qui devait aller dans l'une et ce qui demeurerait dans l'autre. Ces discussions seraient aujourd'hui fort inutiles. Dans deux ans, la France disposera d'une grande bibliothèque aux dimensions de son besoin.

Cette Bibliothèque nationale de France sera d'abord l'un des points forts de ce rééquilibrage vers l'est qu'appelait une capitale qui, du Louvre et des Tuileries jusqu'à l'Etoile et la Défense, n'a cessé de situer toujours plus à l'ouest les éléments de son prestige et les bases architecturales ou paysagères de sa vie économique et sociale. Sur la rive de la Seine, aussi proche du cœur historique - Notre-Dame, le Pont-au-Change, le Châtelet - que le sont le rond-point des Champs-Élysées, Saint-Lazare ou l'École militaire, la nouvelle bibliothèque sera, par la ligne rapide Meteor, à un quart d'heure de toutes les liaisons ferroviaires nationales ou régionales. Comme telle, le lecteur venu de province aura toute facilité pour l'atteindre.

Les douze millions de livres imprimés - ce qu'on a imprimé en France depuis 1470, ce qu'on a acheté en cinq siècles de la production étrangère - seront à l'aise, avec quelque trois cent mille collections de périodiques, dans les vastes magasins établis dans le socle et dans les tours. La moitié de l'espace demeurera libre pour les entrées à venir. Et trois cent mille ouvrages seront acquis de surcroît pour cette bibliothèque« haut-de-jardin » qui sera accessible à tous, pendant que le sanctuaire du« rez-de-jardin» restera, avec son patrimoine sans cesse enrichi, à la disposition des seuls chercheurs. La Bibliothèque nationale de France sera donc bien la bibliothèque de tous, Français et étrangers, Parisiens et provinciaux, savants et simples amateurs de lecture.

On pouvait redouter de se trouver, avec trois mille six cents places de lecture, dans la trop vaste halle aux livres qui eût privé le lecteur du cadre de travail à l'échelle humaine qu'il attend d'une bibliothèque. Un habile cloisonnement de bois aux teintes chaudes, un regard largement ouvert sur des arbres, une circulation séparée de la lecture, tout cela devrait donner à qui est venu pour travailler le sentiment d'un confort qui laissera oublier les vains propos sur un univers de béton.

Encore ne suffisait-il pas de voir grand, pour un grand public, une grande collection et un grand pays. Il convenait de ne pas oublier ce qu'apporte à notre contemporain la gamme des technologies nouvelles. Ce que l'homme du xxe siècle a inventé - et ce qu'inventera celui du XXIe et pour quoi nous devons ménager de possibles développements - nous fait vivre un bouleversement de nos accès à la pensée, à la connaissance, à la création. Nous avons vu s'introduire dans notre univers, c'est-à-dire dans nos pratiques intellectuelles, l'audiovisuel et l'informatique. Nous avons vu prendre place dans nos bibliothèques - personnelles et publiques - des rangées de disques, de cassettes, de disquettes, auxquelles se joindront ce qu'on inventera demain. La lecture assistée par ordinateur s'introduit dans l'arsenal de la recherche, non comme un adjuvant qui dissuaderait de lire, mais comme le moyen de demander au texte ce qu'il n'eût pas donné dans le temps d'une vie humaine. La Bibliothèque nationale de France n'y pouvait être indifférente, et le lecteur lui eût reproché l'absence de ce qui ajoute au livre traditionnel sans l'avoir le moins du monde supplanté.

La nouvelle bibliothèque devait donc être non seulement une nouvelle dimension de notre Bibliothèque nationale, mais une nouvelle conception de notre apport à la civilisation du troisième millénaire. L'ordinateur sera, bien sûr, l'indispensable instrument de notre gestion des hommes, des livres et des mouvements. Il sera l'outil de l'accès du public à nos trésors. Mais il sera aussi - comme le magnétophone ou le magnétoscope -l'intermédiaire grâce auquel une part désormais essentielle de notre patrimoine sera, comme l'est le livre, à la portée du lecteur.

Dans le monde contemporain, une bibliothèque n'est pas seulement un havre de silence. Ce peut être aussi un foyer de rayonnement scientifique et culturel. Les départements thématiques - histoire, philosophie, sciences de l'homme et de la société; sciences économiques, juridiques et politiques; sciences exactes et techniques; littérature et art; audiovisuel- ouvriront la voie à des recherches plus aisées parce que plus commodément pourvues d'une documentation à jour. Auditorium et salles de réunion permettront les rencontres de femmes et d'hommes de science et de culture dont la confrontation vivifiera le patrimoine conservé. Pourquoi ne pas espérer que le nouveau quartier qui va se constituer autour de la Bibliothèque nationale de France ne tirera pas de sa présence son caractère propre, comme jadis et naguère le quartier Latin? Mais il est on le sait bien, d'inestimables ressources dans les autres bibliothèques de la France, parisiennes ou provinciales. Que de fonds hérités par une ville ou une université de tel établissement religieux d'Ancien Régime ou de tel collectionneur du siècle passé! Que de fonds constitués autour d'un centre contemporain de recherche spécialisée! Une action s'imposait, qui mettrait les ressources de tous à la disposition de tous. Que, dans un premier temps, l'on sache, où que l'on soit en France, ce que l'on peut trouver près de chez soi et au loin. Que l'on sache que le livre est ici ou là. Le Catalogue collectif de France, en cours d'élaboration, répondra à cette première question, épargnant ainsi le temps du chercheur qui doit aujourd'hui se déplacer sans savoir si le voyage vaut la chandelle. Quant au raccordement au réseau international d'information, actuellement en cours, il offrira le même service par-delà les frontières.

Dans un deuxième temps, grâce à la numérisation des textes eux-mêmes, c'est la consultation qui deviendra possible à distance. Au jour de l'ouverture, dans deux ans, cent mille volumes seront numérisés. Ainsi, pourvu que soient prises les élémentaires précautions qu'impose la protection de cette industrie essentielle qu'est l'édition, cessera-t-on de penser que ce qui se fait à Paris n'est fait que pour les Parisiens.

La Bibliothèque nationale de France a été un projet. Avec la décision du président de la République et la forte motivation de trois gouvernements qui l'ont successivement tenu pour l'une des priorités de leur politique culturelle, il a été au plus haut niveau l'expression de l'idée que se fait la France de la place de la vie intellectuelle dans la construction du monde. Grâce au talent de Dominique Perrault et de ses collaborateurs, grâce au savoir-faire des entreprises qui ont concouru à l'édification du bâtiment, grâce, aussi, à la parfaite entente du maître d'œuvre et de ceux qui, professionnels de la bibliothéconomie, avaient à formuler tout au long des six années déjà passées la définition d'une grande bibliothèque de notre temps, le projet sera devenu demain une réalité. À la dualité d'un établissement public de la Bibliothèque de France chargé de porter le projet de la nouvelle bibliothèque et d'une

Bibliothèque nationale qui n'avait pas moins qu'avant la responsabilité des collections et du public a succédé en 1994 une Bibliothèque nationale de France logiquement établie en ses deux sites, voués l'un à l'imprimé et à l'audiovisuel, l'autre aux manuscrits, aux estampes, aux photographies, aux cartes et plans, à la musique, aux monnaies, médailles et antiques. La dynamique de cette réalité devrait lui valoir d'être toujours riche de ses projets. Ainsi cet instrument de la conservation et de la mise en valeur de notre patrimoine est-il pour la France porteur d'avenir.

Extrait de Bibliothèque de France 1989 1995 Dominique Perrault Architecte, arc en rêve centre d’architecture, Artemis, 1995. Ouvrage imprimé à l’occasion de l’inauguration de la Bibliothèque Nationale de France le 30 mars 1995 par François Mitterrand, président de la République française.

 

 

A decision to remodel the system

JEAN FAVIER, Membre de l'Institut, président de la Bibliothèque nationale de France, Paris, January 4, 1995

In the past, over a period of many years, the old Bibliothèque nationale steadily inflated, extending its premises, modifying its various levels and leapfrogging the streets in its vicinity. Yet throughout this time, the building which was a model of its type one hundred and forty years ago when Henri Labrouste constructed his remarkable demonstration of steel-framed architecture and rational use of space, remained basically unchanged. The fitness of the Bibliothèque nationale to carry out its function might have remained as satisfactory as ever, had not the world around it altered. First of all, the production of printed books had expanded, as had the production of periodicals of all kinds, generated by fast modern printing techniques. Librarians and ordinary members of the public became interested in new realms of knowledge, by prints from the Far East, representative photography, art photography, and the bases and graphic accompaniments of the arts of the theatre. Illuminated manuscripts from the Middle Ages and the inexhaustible series of copied manuscripts procured by French scholarly endeavor in the 17th and 18th centuries were joined in the library by the literary manuscripts of our own era, the writings and musical scores of composers ancient and modern, and even the kinds of literary and artistic correspondences which shed original, authentic light on both manuscripts and published works.

At the Bibliothèque nationale, the point of saturation was reached. Books were stacked willy nilly, manuscripts were piled in corridors and opportunities to acquire new material were missed because to accept them would prove problematic, such was the state of the old library. It had become an establishment in which the preservation of the national heritage was heavily at risk.

The Bibliothèque nationale had also to some extent migrated from its base. Aspects of it could be seen now at Provins, at Sable, at Avignon, in Cardinal Mazarin's historic palace, in the palace of the Arsenal and in one side of the Palais Garnier. Of course we could have carried on opening annexe after annexe; but this policy would invariably have increased the confusion of the researchers and readers whose needs the establishment is meant to serve.

From the readers' point of view, the consciousness of saturation was at least as keen. The development of university studies and the proliferation of research institutions within France -especially in the Paris area- attracted a far more numerous and motivated public than the earlier, much smaller clientele, which had necessitated no awkward restrictions purely in order to allocate the number of places available. Moreover, people now found themselves with much more leisure, hence more time to spend on library reading. The growth in the numbers of readers is no fault of librarians, who are not the inventors of advanced studies diplomas and early retirement schemes. But it is something they must grapple with, when they see queues forming every morning for table and chair room; queues which represent wasted working hours to those waiting in them, many of whom have come from afar.

Thus a decision to remodel the system became imperative. The siting of the new library was fought over ad infinitum, ditto the question of what should go in one and what should remain in the other. Today these discussions seem utterly

vain: because in two years from now France really will have a great library to match the scale of its needs.

This brand new Bibliothèque nationale de France will be in the first instance one of the principal features of a mighty readjustment of Paris toward the east; Paris which, from the Louvre and the Tuileries to the Étoile and La Défense, has hitherto tended to construct the elements of its prestige, along with the architectural and environmental bases of its economic and social life, on its western side. Given its position on the banks of the Seine, as close to the city's historic heart (Notre-Dame, Pont-au-Change, Châtelet) as are the rond point des Champs-Élysées, Saint-Lazare and the École militaire, the new Library will be only a quarter of an hour from all the national and regional railheads by the new express Meteor line. Thus readers coming in from the provinces will be able to reach it quickly and easily.

The twelve million printed books -consisting of all those printed in France since 1470, and all those from abroad acquired over a period of five hundred years- will be comfortably installed, along with about three hundred thousand collections of periodicals, in the vast storerooms of the library's basement and towers. Half of the available storage space has been set aside for future acquisitions. And three hundred thousand more works are scheduled for acquisition for the "upper" garden library, which will be accessible to all: while the "lower" garden area will remain at the disposal of researchers only, and as such be constantly replenished. The Bibliothèque nationale de France will therefore be a library for all, open to foreigners and French people, Parisians and provincials, scholars and ordinary booklovers alike.

One anxiety about the library was this: that with three thousand six hundred reading places available in a giant bookhall, readers would lack the human-scale working surroundings which they might have expected in a smaller library. But the skilful partioning system of warmly-tinted wood panelling, with ample views of the trees, with reading traffic divided off, should create a feeling of relaxation which will allow the reader to forget the world of concrete outside. Even so it was not enough for us to think big, in terms of a huge public, a giant collection and a great nation. We could not forget the new technologies of our contemporary world. What 20th century man has invented, and what 2Ist century man will invent -which we must forestall- has revolutionized traditional means of access to thought, knowledge and creation. We have witnessed the introduction into our world, in other words into our intellectual practices, of audiovisual technology and computer science. We have witnessed the arrival in our libraries -both personal and public- of racks of records, cassettes and diskettes, which will certainly be augmented by future inventions.

Reading assisted by computers has entered the arsenal of research, not as a substitute for book reading, but as a way of obtaining from a given text what it would never previously have yielded in a human lifetime. The Bibliothèque nationale de France could hardly be indifferent to this, and had it done so readers would certainly have reproached it with the absence of something which adds to the traditional book without in anyway supplanting it.

Hence the new library had to supply not only a new dimension to our original Bibliothèque nationale, but also a whole new concept of our contribution to the civilisation of the Third Millennium. The computer will naturally be an indispensable instrument for our management of men, books and movements. It will be the tool for the public's access to our treasures. But, like the tape recorder and the video machine, it will be an intermediary for a part of our heritage; a tool which will be, like the book itself, fully available to the reader.

In today's world, a library is not only a haven of quiet. It can also be a crucible of science and culture. The thematic departments of it -history, philosophy, human and social sciences, economic, legal and political sciences, technical and exact sciences, literature and art, audiovisual technology- will open the way to research that can be more easily conducted because up-to-date documentation is more readily available. The library's auditorium and meeting rooms will facilitate encounters between men and women of scientific and cultural eminence whose confrontations will reinvigorate our heritage. And hopefully the new quartier to be assembled around the Bibliothèque nationale de France will derive a character of its own from the library's presence, as the Latin Quarter once did from the presence of the Sorbonne. As we know, there are other resources beyond price in the other libraries of France, both in Paris and the provinces. Huge collections are held by cities and universities, which were inherited from the religious establishments of the Ancien Régime or from 19th century collectors; likewise, immense resources have been built up around contemporary centres of specialized research. Something had to be done to place the resources of the community at the disposal of all; and to make known ta people, wherever they happened to be in France, exactly what they could find, and where. The whereabouts of books had to be made common knowledge. The Catalogue collectif de France

(Collective Catalogue of France), now under preparation, will answer this first need, gaining time for the researcher, who today must still travel to and fro without knowing in advance if he really needs to do so. As to the connection with a worldwide information network, currently under preparation, this will offer a cross-border service of the same type. Thanks to the numbering of the texts themselves, consultation at a distance will shortly become feasible. By the day the new Bibliothèque nationale de France opens, two years from now, hundred thousand volumes will already have been numbered. Thus, provided that elementary precautions are made to protect the publishing industry, people will finally be justified in thinking that what is done in Paris is no longer done for Parisians alone.

The Bibliothèque nationale de France has been quite a project. Because of the decision of the président de la République and the strong motivation of three successive governments, aIl of which regarded it as one of the chief priorities of their cultural policy, it has been at the highest level the expression of France's idea of the place of intellectual life in the construction of the world. Thanks to the talents of Dominique Perrault and those who worked with him; thanks to the savoir-faire of the many firms which took part in the building of the library; thanks also to the perfect understanding between the maître d'oeuvre and those who, as professionals in the field, have laboured over the last six years to define what a great modern library should be, this project will shortly be a reality.

Before 1994, there was the duality of a state-run Bibliothèque de France whose purpose was to carry both the project of the new library, and a Bibliothèque nationale which, no less than before, was responsible for its collection and public. Since thatyear, the two have been brought together in one Bibliothèque nationale de France, logically established in its two sites -one of which is devoted to printed and audiovisual material, and the other to manuscripts, prints, photographs, maps and charts, music, coins and medals, and antiques. The dynamic of this reality will permanently enrich its future projects. There can be no question, now, that this instrument for the conservation and proper use of our national heritage is full of promise for the future of France.

Extract of Bibliothèque de France 1989 1995 Dominique Perrault Architecte, arc en rêve centre d’architecture, Artemis, 1995. Book printed on the occasion of the inauguration of the Bibliothèque Nationale de France on March 30, 1995 by François Mitterrand, président de la République française.